jeudi 25 octobre 2012

aujourd'hui parti (256-110)


...
J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivières
Vivant en même temps la source et l'océan
Sans pouvoir me fixer même un mince moment
Entre le mont, le plaine et les plages dernières.
Suis-je ici, suis-je là ? Mes rives coutumières
Changent de part et d'autre et me laissent errant;
Suis-je l'eau qui s'en va, le nageur descendant
Plein de trouble pour tout ce qu'il laissa derrière?
Ou serais-je plutôt sans même le savoir
Celui qui dans la nuit n'a plus que la ressource
De chercher l'océan du côté de la source
Puisqu'est derrière lui le meilleur de l'espoir ?

Oublieuse mémoire (IV)
Jules Supervielle 
1948

6 commentaires:

  1. Je trouve dans ces mots écho au billet du jour d'Obni ... Mais je ne saurais dire précisément pourquoi !

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    1. Comme une liquide métaphore de la mélancolie ...

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  2. Celui qui dans la nuit n'a plus que la ressource
    De chercher l'océan du côté de la source...

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