La terre frémissante plein les naseaux...
PARIS
Dans les lointains de ma rencontre
des hommes
le cœur serré comme les maisons d’Europe
avec les maigres mots frileux de mes héritages
avec la pauvreté natale de ma pensée rocheuse
j’avance en poésie comme un cheval de trait
tel celui-là de jadis dans les labours de fond
qui avait l’oreille dressée à se saisir réel
les frais matins d’été dans les mondes brumeux
le cœur serré comme les maisons d’Europe
avec les maigres mots frileux de mes héritages
avec la pauvreté natale de ma pensée rocheuse
j’avance en poésie comme un cheval de trait
tel celui-là de jadis dans les labours de fond
qui avait l’oreille dressée à se saisir réel
les frais matins d’été dans les mondes brumeux
(Gaston Miron, « J’avance en poésie », in L'homme rapaillé)
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