J'ai déjà en tête la perspective du week-end, en Bretagne, Lorient, avec un appel téléphonique ce midi pour les derniers détails. Des retrouvailles amicales avec bain de mer très probable !
Et puis il y aussi le soleil de cette journée, une journée de travail certes, mais, avec le beau temps bien installé, j'ai ressorti mon vélo pour aller au bureau.
Pas tout-à-fait comme un touriste !
jeudi 31 mai 2012
mercredi 30 mai 2012
aujourd'hui la peine de (108-258)
Relevons les persiennes, que je prenne la peine
de l’avouer : je savais qu’aujourd’hui j’aurai
grand-peine
à raconter quelque chose sur le vif qui vaille la peine…
Rien, me voilà en manque d’oxygène, réduit à quelques
fredaines.
que j’assène, genre billet en plastique doublé en
polystyrène
J’ai guetté, cherché, scruté, dégaine limite hallucinogène
Comme shooté au propylène sans croiser un seul aborigène
Sans que s’égrène une quarantaine d’énergumènes
Et j’ai manqué toutes les sirènes d’Andersen
Pas de congrès qui se tienne pour
les victimes d’acouphènes
Pas le moindre tout petit même ridicule rikiki épiphénomène
et j’ai zappé -obligé- la scène avec la blonde semeuse de
haine,
dont l’hygiène « humaine » incertaine file la migraine
Pas de débat contre le kérosène ou la suppression du
polyéthylène
Pas de pompier hellène pour sauver les sphyrènes
Cette rengaine malsaine va tourner au phénomène obscène
Juste un petit trafic d’ébène… c’était l’aubaine !
Tu vois c’est foutu, fini les calembredaines,
Tu vois c’est foutu, fini les calembredaines,
Que plus rien ne gêne ou gangrène, amène-moi le
trinitrotoluène
mardi 29 mai 2012
aujourd'hui bijou (107-259)
Le mot du jour et moi, ça fait deux. Aujourd’hui, hier et demain.
Il n’y aura rien sur les colliers, les chaînes, les
bracelets, les breloques... Je porte une alliance, rien d’autre.
Rien non plus
sur ceux qu’on dit de famille, et rien de rien sur bijou, caillou, chou, genou,
hibou, joujou et pou.
Alors... J’emprunte l’autre voie.
Rien comme être n´est passager
C´est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J´arrive où je suis étranger
J'ai découvert cette chanson-poème à la sortie de l'album en 1995. C'était le second album que Jean Ferrat consacrait à Aragon. Bijou, perle, joyau, diamant ? Je ne sais pas, ces mots ne sont pas dans mon registre.
Je sais juste que je ne m'en suis jamais remis.
lundi 28 mai 2012
aujourd'hui pris entre les deux ( 106-260)
Que dire ?
J'ai été tabassé par les flics au coin de la rue.
On m' a gentiment demandé mes papiers de bon citoyen obéissant.
J'étais en train de me jeter un petit pastis au bar.
Je me livrais à une contrebande manifeste d'alcool frelaté en provenance du Maghreb.
Un étudiant d'origine étrangère.
Un arabe terroriste qui fricote avec les intégristes.
J'ai vu les flics en train de casser du jeune dans une manif.
Il m'a semblé que nos bien-aimées forces de l'ordre essayaient de canaliser des lycéens impétueux lors d'un embouteillage monstre d'origine indéterminée.
J'ai été victime d'une filature rapprochée.
La visite de l'usine de tissu s'est bien passée.
Je dénonce les trafics et les ventes d'armes violemment.
J'approuve la politique volontariste du gouvernement pour lutter contre le chômage.
Je comprends que l'on poursuive en justice les ministres ou députés qui ont "fauté".
Je comprends mal cet acharnement de certains juges peu indépendants qui feraient bien de se méfier.
La corruption généralisée gangrène notre société.
Les partis politiques doivent financer leurs campagnes électorales.
Il y a toujours des tas de raisons pour la raison d'état.
Nous devons protéger les valeurs démocratiques dans notre République.
Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.
Vos papiers.
C’était un message d’information afin de ne pas être pris pour un con entre les oreilles. On m' a gentiment demandé mes papiers de bon citoyen obéissant.
J'étais en train de me jeter un petit pastis au bar.
Je me livrais à une contrebande manifeste d'alcool frelaté en provenance du Maghreb.
Un étudiant d'origine étrangère.
Un arabe terroriste qui fricote avec les intégristes.
J'ai vu les flics en train de casser du jeune dans une manif.
Il m'a semblé que nos bien-aimées forces de l'ordre essayaient de canaliser des lycéens impétueux lors d'un embouteillage monstre d'origine indéterminée.
J'ai été victime d'une filature rapprochée.
La visite de l'usine de tissu s'est bien passée.
Je dénonce les trafics et les ventes d'armes violemment.
J'approuve la politique volontariste du gouvernement pour lutter contre le chômage.
Je comprends que l'on poursuive en justice les ministres ou députés qui ont "fauté".
Je comprends mal cet acharnement de certains juges peu indépendants qui feraient bien de se méfier.
La corruption généralisée gangrène notre société.
Les partis politiques doivent financer leurs campagnes électorales.
Il y a toujours des tas de raisons pour la raison d'état.
Nous devons protéger les valeurs démocratiques dans notre République.
Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.
Vos papiers.
Je vous remercie.
dimanche 27 mai 2012
aujourd'hui beaucoup trop de (105-261)
J’ai eu plusieurs fois l’occasion de lire que les
« rentrées littéraires » marchent sur la tête en ce qui concerne le
nombre exponentiel de parutions.
Je n'entamerai pas ce complexe débat ici. Je préfère vous amener à une citation de La Bruyère qui
ouvre un roman de l’espagnol Enrique Vila-Matas « Bartleby et compagnie».
Dans ce roman, jamais à court de décalage et d’ironie, mais teinté d’une belle
mélancolie, Vila-Matas écrit sur les écrivains qui … n’écrivent pas !
« La gloire ou le mérite de certains hommes consiste
à bien écrire ; pour d’autres, cela consiste à ne pas écrire.»
Enfin, apparemment en opposition à ce que je disais en
commençant, beaucoup trop de romans fort intéressants restent méconnus pour que
je ne vous recommande pas du même Vila-Matas "les explorateurs de
l'abîme", recueil de nouvelles dont "La Modestie" est vraiment
un grand moment poétique.
samedi 26 mai 2012
aujourd'hui une pensée sauvage (104-262)
Pensée sauvage,
improbable attelage,
cela ne pousse pas chez moi.
Pensée sauvage, idée des champs ?
Peut-être faut-il déplanter l'un, replanter l'autre
opinion rustre, patience évoluée,
propos féroce, potentille sociable,
rêverie farouche, primevère raffinée,
souvenir âpre, pivoine instruite,
parole barbare, pervenche éclairée
impression grossière, pâquerette polie,
considération abrupte, passiflore civilisée,
notation rude, pavot courtois,
mot brutal, pétunia éduqué
...
vendredi 25 mai 2012
aujourd'hui contre (103-263)
Ma journée, comme la semaine finalement, a été professionnellement très dense, mes fonctions font que je suis souvent en horaire décalé. Il n'est pas rare que je prenne mon repas le midi vite fait sans trop de temps, ou bien carrément vers 13h30 ou 14 heures. Ce fut le cas ce vendredi, et malgré l'ensemble du travail que j'ai eu à traiter, j'ai réussi par exemple à saisir certains résultats de certaines évaluations en temps et en heure de 14h30 à 16h45 pour 25 élèves. Dense, oui !
Mais je n'ai jamais eu de pression, ni l'impression d'être lancé dans une course contre la montre !
Mais je n'ai jamais eu de pression, ni l'impression d'être lancé dans une course contre la montre !
jeudi 24 mai 2012
aujourd'hui mécanique (102-264)
Un cycle s'achève.
Depuis quelques semaines je m'étais installé dans une grande régularité matinale que je décide de rompre. Je parle de la publication des billets, bien sûr.
Je me désinstalle. Je me décentralise de ce moment (en moyenne entre 7h et 8h le matin).
J'éjecte cette auto-contrainte.
Et ce billet-ci publié comme vous le constatez aux alentours de 18 heures témoigne que je remets du jeu dans les rouages de cette petite mécanique quotidienne.
Depuis quelques semaines je m'étais installé dans une grande régularité matinale que je décide de rompre. Je parle de la publication des billets, bien sûr.
Je me désinstalle. Je me décentralise de ce moment (en moyenne entre 7h et 8h le matin).
J'éjecte cette auto-contrainte.
Et ce billet-ci publié comme vous le constatez aux alentours de 18 heures témoigne que je remets du jeu dans les rouages de cette petite mécanique quotidienne.
mercredi 23 mai 2012
Fragment d'aujourd'hui dont Hitchcock aurait fait un film (101-265)
Cela faisait maintenant un petit moment que je la
suivais.
Et je pensais – à juste titre ? – qu’elle n’en savait
rien. Soudain, un clignotant m’indiqua qu’elle allait se garer sur sa droite.
Une diversion ? M’avait-elle repéré ?
Il se trouva par chance que je pus ranger mon véhicule non
loin du sien. Il était dit que ce ne serait que pure coïncidence. Je sortis et
pris ma place discrètement.
Elle était là, seul un monsieur nous séparait, je n’avais
jamais été aussi près d’elle.
Quelques mots qu’elle prononça m’échappèrent.
Elle replongea la main dans la poche de son imperméable et,
au moment de sortir, m’adressa un sourire, tout en prenant congé. Et moi qui
croyais passer inaperçu…
Pas décontenancé pour un euro, je fis un pas et je pus
prononcer la phrase sésame :
- une baguette aux céréales s’il vous plaît.
mardi 22 mai 2012
aujourd'hui assez de (100-266)
Des petits matins tièdes dans le calme de l’été,
De l’oiseau qui sifflote dans le lointain mauve,
Du torrent vif qui file frottant les
pierres usées,
Des gouttes de pluie larges qui plaquent la poussière,
Des senteurs marines escarpées aux rochers,
De la chaleur de plomb arrêtée par l’ombrage,
De la bruyère en fleur qui engloutit la lande,
Du silence bleu qui sculpte l'onde des dunes
De la brume légère qui efface la barque,
Du ciel que la nuit fissure d’étoiles,
De la brise légère qui couche la brindille,
Du vent tournoyant engouffré qui claque les voiles
Je ne pourrai me lasser, je ne pourrai dire assez
lundi 21 mai 2012
aujourd'hui une photo qui vous touche (99-267)
Ile de Bréhat, août 2006.
Nous sommes là tous deux comme devant la mer sous l’avance
saline des souvenirs.
(…) tu es légère et
parcourue comme si les oiseaux striés par la lumière de ta patrie remontaient
le courant de tes rêves.
Tu voudrais jeter des ponts de soleil entre des pays que séparent des océans et des climats,
et qui s’ignorent toujours.
Tu voudrais jeter des ponts de soleil entre des pays que séparent des océans et des climats,
et qui s’ignorent toujours.
photo : K / dédicacée spécialement à C./ texte : extrait de débarcadères, Jules Supervielle.
dimanche 20 mai 2012
aujourd'hui une consigne (98-268)
Une consigne, ces temps-ci c’est plutôt LA consigne.
Bienvenue dans le monde « Réels ».
C’est la consigne qui rarement se donne.
Alors, échappons, contournons, faisons un tour dans la
boutique de farces et attrapes…
Caisse à consignes, caisse qu’on a en magasin…
Gare à la consigne, ciel la consigne !
Là dans une BD, consigne à bulles.
Ici, abscons signes, ces lacs ont cygnes.
C’est la consigne qu’on assassine !
Procédons à l’évacuation de la consigne,
Consignation.
C’est bon, c’est là qu’on signe,
la consigne à respecter, la consigne du
dimanche :
Jamais rasé !
samedi 19 mai 2012
aujourd'hui un projet (97-269)
L’idée qu’une journée commence
parfois sans idée préconçue a ce côté apaisant plaisant
où les choses se feront, ou pas, selon ce qu’on dira, se
donnera, tous, à deux ou trois, seul.
A l’arrêt ou en mouvement, privilégions propositions,
espoirs, idées, pensées, rêves,
échanges, coopérations, partages. Et, parmi bien d’autres
exemples, je vais garder bien au
chaud ce que je sais des musiciens de jazz qui peuvent
au gré de rencontres s’embarquer
sans rien de planifié vers des projets, des créations,
des creusets artistiques stimulants.
La vie.
vendredi 18 mai 2012
aujourd'hui elle a dit (96-270)
-
Elle dit « elle a dit ».
-
Qui dit qu’elle dit elle a dit ?
-
C’est la consigne, non ?
-
Ah bon, c’est la consigne qui le dit ?
-
Oui.
-
La consigne ? Elle te l’a dit ?
-
Je l’ai déjà dit : oui !
-
Non, pas possible, elle ne l’a pas dit personnellement, ça parle
pas une consigne !
-
Façon de parler…
-
Toi tu entends parler les consignes maintenant ?
-
Oui.
-
Façon d’entendre !
-
Qu’est-ce que tu dis ?
-
Qui te dit que c’est la consigne qui t'a dit elle a dit ?
jeudi 17 mai 2012
aujourd'hui tache (95-271)
Nous laissons chaque soir la porte-fenêtre de la véranda
entrouverte pour le chat.
Si la météo le permet.
Ce matin, au lever, comme souvent, j’ai trouvé un trophée
sur le sol, un mulot, plus exactement un demi-mulot, et évidemment quelques
traînées sanguinolentes.
Le Chat était là, Le Chien aussi. Larrons prêts au bonjour, aux
croquettes, à l’eau fraîche.
Puis…
Un petit bruit jusque là non perçu…Le Chien en
mouvement…Dans sa gueule, un mulot vivant qu’il expulse manu militari. Je suis
surpris qu’il soit aussi vif et parvienne à ses fins. Et je me réjouis de leur
coopération, de ce partage des tâches qui permet d’éviter avantageusement certaines
taches...
mercredi 16 mai 2012
aujourd'hui la sécurité c'est (94-272)
Depuis de nombreuses années, avec la réalisation de travaux
dans nos maisons successives, la pratique régulière du bricolage m’amène à
manipuler outils, produits et matériaux en toute sécurité. Cette sécurité est
celle d’un citoyen responsable, je l’espère, celle d’un individu éclairé, pas
seulement avec sa baladeuse, et n’a rien à voir avec les compagnies
républicaines du même nom. Elle répond à une exigence de sûreté, de fiabilité.
Elle se fonde sur le calme, la tranquillité, le temps.
C’est une sécurité mesurée et consentie, sereine,
diamétralement opposée à d’autres acceptions, irrationnelles, qui nourrissent
certains débats fantasmatiques, gorgés de peur, de haine et d’exclusion.
mardi 15 mai 2012
aujourd'hui un mot en anglais (93-273)
Today in english ? I find myself in beautiful sheets.
I must
confess that it will be pulled by the hair.
It's a very
difficult task and I feel like I have the knife under the throat.
I am at the
foot of the wall, and maybe I fall in the apples.
It is the
bunch !
I will not
do the policy of the ostrich, it’s a real term of the fighter.
I hope I
will not drow in a glass of water, even at the sweat of my forehead.
You
understand that this message is like pissing in a violin.
So, I put my legs
at my neck "pour filer à l'anglaise" (as the Frenchies say).
lundi 14 mai 2012
aujourd'hui enfant ( 92-274)
enfant
enfants
enfantillages
enfant sauvage
enfants de la patrie
allons z’enfants,
le rejeton de présence,
le cornet à fiston
la peur du loupiot …
le mouflet est un cas,
le moutard de Dijon
un mini môme
que le minot tord
le chiard l’attend
le requin drôle
le gosse des maths
bambin c’est pas tout
un gamin de parti
enfant de la partie
enfants de la batterie
enfanteries
marmots de la fin
dimanche 13 mai 2012
aujourd'hui la toute première question qu'on va vous poser (91-275)
La première question des occupants de la maisonnée. Etres vivants.
Au lever, le chat tout en caresses se frotte à mes jambes "j'ai faim
peux-tu me donner quelques croquettes". Dans la foulée, Le Chien bat de la
queue, se lève "bonjour, je peux avoir ma caresse et mon petit
quignon de pain". Notre fille H, ado lève-tard, vient à la vie sociale pour
le déjeuner demandant si j'ai aimé la salade de riz confectionnée par elle la
veille au soir. Enfin mon épouse C. rentre de week-end passé chez F. notre
fille aînée "ça va, tout s'est bien passé ?".
samedi 12 mai 2012
Fragment d'aujourd'hui raconté en poésie(90-276)
Filant dans la véranda, je
remets ma tenue de bricoleur, rassemble mes idées et mon matériel en prologue
Relisant mes notes, vérifiant
les outils, je jette un coup d’œil à la pièce en repensant à des tâches
analogues
Aujourd’hui ce sera découpage
de plaques et tests de câblage électrique (prises et spots extérieurs) au
catalogue
Grosso modo, monter descendre
de l’escabeau et mesurer tracer scier fixer sera l’essentiel de mon dialogue
Méticuleux avec le
plafond, ultime étape pour que cette pièce prenne définitivement l’aspect de
ses homologues
Et je réfléchirai tout haut pour « ne pas oublier la réservation pour le radiateur, ni la membrane climatique» , habituel monologue
Et je réfléchirai tout haut pour « ne pas oublier la réservation pour le radiateur, ni la membrane climatique» , habituel monologue
Nul doute qu’avec ces
précautions, cette méthode, les tasseaux à visser, les panneaux isolants à
poser, ne feront pas une pirogue !
Terminer la journée avec une pièce isolée et câblée en constituera si tout va bien un logique épilogue
Terminer la journée avec une pièce isolée et câblée en constituera si tout va bien un logique épilogue
vendredi 11 mai 2012
aujourd'hui il FAUT (89-277)
Ecrire sur le vif, en ne sachant pas de quel bois sera faite
la journée, peut conduire à la citation. Il faut sans doute ne pas user et
abuser du procédé comme échappatoire.
-
Trop facile, non ?
-
Oui et non.
Car il y a la réalité, ce qui s’impose à moi lorsque je lis
la contrainte du jour et il y a aussi l’idée joyeuse du partage. Je cherche, je vais puiser dans mes ressources, les
références que je me suis donné, ce que j’ai retenu, mon catalogue mental avec
les outils, les étais qui me tiennent debout.
Alors voilà, aujourd'hui, c'est la lettre ouverte de Julos Beaucarne écrite
en 1975 après l’assassinat de sa femme, texte qui m’a souvent fait penser dans son humanité
déchirante à « Si c’est un homme » de Primo Levi.
Extraits…
« Amis
bien aimés,
Ma
loulou est partie pour le pays de l'envers du décor. Un homme lui a donné neuf
coups de poignards dans sa peau douce. C'est la société qui est malade. Il nous
faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour, et l'amitié, et la persuasion. (…)
Sans
vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont
proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre
ensemble pour l'embellir, il faut reboiser l'âme humaine.(…)
Je
suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses. On doit manger
chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller en paradis. Ah ! Comme j'aimerais
qu'il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles.
En attendant, à vous autres, mes amis de l'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui : Je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers. »
En attendant, à vous autres, mes amis de l'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui : Je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers. »
jeudi 10 mai 2012
aujourd'hui une multitude de (88-278)
Les espérances étaient légion, flopée de souvenirs.
Un
certain 10 mai. Indéfectible et inoubliable certes.
Vinrent kyrielle de renoncements, palanquée de déceptions,
ribambelle de dissimulations, tripotées de mensonges… Signe que l’abondance de
trahisons ne nuit pas : les mêmes ou presque sont encore là, sont toujours là en nombre, ayant peu, très peu, si peu, si pas changé, eux…
La date d’aujourd’hui montre pourtant qu’une multitude de
choses a changé.
Pendant 31 ans, de l’eau a coulé sous les ponts, de plus en
plus tiède, puis glacée, des flots d’espoir emportés par les brisants, les
digues et les ligues…
Et puis… une première correction a eu lieu en rose pâle, à
la marge, quand on l’aurait souhaitée en rouge.
A suivre, sans concession.
mercredi 9 mai 2012
aujourd'hui ventre (87-279)
On dit que ventre affamé n'a point d'oreilles, mais ça n'a rien à voir et cela ne m'empêche nullement ventre à terre d'aller vous déterrer quelques paroles d'une chanson de Claude Nougaro, 1978, hommage à un de ses musiciens disparus.
Seule une fille aux cheveux roux
Comme clouée sur une roue
Continue à tourner, tourner,
Avec ses mains autour de son cou
Tourner, tourner dans ses cheveux roux Dans un désert qui flambe et qui bout
Comme un soleil étreignant la nuit
La fille tourne étreignant celui
Celui qui pour les autres est mortel
Mais pas pour elle, non, pas pour elle :
"Non tu n'es pas mort, mon Freddy, non, non, dis
Non Freddy, tu n'es pas mort
Tu es en chair, tu es en or,
Tu es en os, tu es en vie,
Continue à jouer, Freddy
L'accordéon quand tu le touches
C'est comme un cœur, c'est comme une bouche,
C'est comme une queue, comme une queue de paon
Qui fait la roue au fond de mon ventre
Ça me fait tressaillir toutes mes étoiles
Ça me fait gonfler toutes mes voiles
Comme si j'étais un trois mâts, comme si...
Joue, joue, jouis !
Seule une fille aux cheveux roux
Comme clouée sur une roue
Continue à tourner, tourner,
Avec ses mains autour de son cou
Tourner, tourner dans ses cheveux roux Dans un désert qui flambe et qui bout
Comme un soleil étreignant la nuit
La fille tourne étreignant celui
Celui qui pour les autres est mortel
Mais pas pour elle, non, pas pour elle :
"Non tu n'es pas mort, mon Freddy, non, non, dis
Non Freddy, tu n'es pas mort
Tu es en chair, tu es en or,
Tu es en os, tu es en vie,
Continue à jouer, Freddy
L'accordéon quand tu le touches
C'est comme un cœur, c'est comme une bouche,
C'est comme une queue, comme une queue de paon
Qui fait la roue au fond de mon ventre
Ça me fait tressaillir toutes mes étoiles
Ça me fait gonfler toutes mes voiles
Comme si j'étais un trois mâts, comme si...
Joue, joue, jouis !
mardi 8 mai 2012
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