samedi 22 décembre 2012

Aujourd'hui provisoire qui dure (314-52)

Et que seraient-ils ces baisers 
sans la brise du soir 
sans cette nonchalance qui traverse l'air ? 
Et que serais-tu sans ce regard 




sans cette machine tendre de ton corps parfumé
et quelle pluie est capable d'imiter un tant soit peu tes larmes ?
* * *

Ses yeux restaient devant les miens
Ils ne voulaient pas s'en aller
Je leur disais "Allez-vous-en"
Ils restaient là comme s'ils étaient plantés
Et alors, je les ai chassés à coups de bâton, à coups de pied
Mais il suffisait de les chasser pour les voir arriver au grand galop
Pour les voir se replanter devant mes propres yeux
Devant mon propre nez (...)
 Ils avaient pris racine
Ils ne voulaient pas s'en aller
Alors, comme je voyais bien que je ne pourrais pas les chasser
Je les ai laissés entrer chez moi
Ils ont mangé à ma table mon pain et ont partagé tout ce que j'avais
Surtout tout ce que je n'avais pas
Alors, ces yeux-là sont devenus les miens
Et les miens sont devenus ceux-là

(c) 2 extraits soigneusement choisis de Julos Beaucarne.

2 commentaires:

  1. Irremplaçable Julos!
    "Pour les bouquets d´eau de ses yeux trop beaux
    Les yeux qu´elle a lui font trop mal à l´âme"
    Merci pour ces choix.

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  2. Et merci à toi pour ce joli ricochet irisé sur le lac des yeux de cette semaine à thème, comme une contrainte à la contrainte, une 'sur-contrainte" !

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