mardi 2 octobre 2012

aujourd'hui un visage (233-133)

Encore frissonnant

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

 Jules Supervielle
(La Fable du monde)

Quel pourrait être un visage qui corresponde... ?

6 commentaires:

  1. Beau texte en harmonie avec ce que je ressens ces derniers temps… lorsque j'observe le délitement d'une vie, l'émotion de ce qui a été vécu et le peu de temps qu'il reste.

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    1. J'espère qu'il t'aura apporté un peu de soutien, même infime.

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  2. Je me sens complètement correspondre à ces mots !
    (ça marche aussi pour une femme :))

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    1. Encore frissonnante
      Sous la peau des ténèbres
      Tous les matins je dois
      Recomposer une femme
      Avec tout ce mélange
      De mes jours précédents
      Et le peu qui me reste
      De mes jours à venir.
      Me voici tout entière,
      Je vais vers la fenêtre.
      Lumière de ce jour,
      Je viens du fond des temps,
      Respecte avec douceur
      Mes minutes obscures,
      Épargne encore un peu
      Ce que j’ai de nocturne,
      D’étoilé en dedans
      Et de prêt à mourir
      Sous le soleil montant
      Qui ne sait que grandir.

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  3. Quel beau et juste poème, fable?
    Comme Madleine je me disais que recomposer homme / femme qui revient du fond de la nuit...plus on vieillit, plus ça prend de temps.

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    1. Tonalité, petite musique de Supervielle...
      Beau, exactement !

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